Compagnie théâtrale toulousaine
 Compagnie théâtrale toulousaine

"BECKET ou l'Honneur de Dieu"

de Jean ANOUILH

 

L'histoire belle, forte et émouvante, celle qui opposa tragiquement Henri II Plantagenêt et Thomas Becket dont l'attachement semblait pourtant indéfectible .

Nous sommes au 12ème siècle en Angleterre !

- Spectacle en préparation -

 

C'est l'histoire de deux hommes : Henri et Thomas.

C'est l'histoire de deux hommes investis d'une fonction qui les transcendent : Henri II1 Plantagenêt, Roi d'Angleterre et Thomas Becket Archevêque de Canterbury, Primat d'Angleterre.

C'est l'histoire de ces deux hommes dans un décor institutionnel : l'occident médiéval du 12ème siècle, l'empire des Plantagenêts, l'Église d'Angleterre, la Chrétienté.

C'est l'histoire de ces deux hommes traversés de sentiments d'amitié, d'amour et de foi, d'élans religieux et politiques.

C'est l'histoire de deux hommes que le cœur rapproche et que le destin sépare.

 

"BECKET ou l'Honneur de Dieu" est l'une des grandes pièces costumées à caractère historique de Jean Anouilh (1910-1987).

Cette œuvre, écrite en 1959, met en scène la relation intime et politique, passionnée et tragique, entre le Roi Henri II et l'Archevêque Thomas Becket. Si l'un porte le poids écrasant de l'empire Plantagenêt et en défend la couronne et l'unité, l'autre se retrouve à porter le poids de l'Église d'Angleterre et à défendre "l'Honneur de Dieu". L'un porte les emblèmes du pouvoir temporel, l'autre ceux du pouvoir spirituel.

 

     Entre eux va s'insinuer la béance d'une plaie qui ne se cautérisera que par le sang : celui de Becket répandu sur les dalles de son église.

Historiquement, l'archevêque, revêtu des habits sacerdotaux, fut le 29 décembre 1170, sous l'impulsion du roi, assassiné dans sa cathédrale de Canterbury. Cet acte eut un retentissement dans toute la chrétienté.

 

Pour en savoir plus :

 

     Henri, roi d'Angleterre a pour conseiller un clerc brillant et érudit, Thomas Becket. Le roi est fruste, Thomas est fin. Certes, celui-ci n'est qu'un "saxon" issu de la plèbe, mais le roi l'admire. Becket, peu encombré par la rigueur cléricale, partage avec le roi les plaisirs de la table, de la chasse et des aventures amoureuses. Le roi, attiré et troublé par Becket ne peut se passer de lui. Becket sert le roi. L'un est passionné, torturé, roué et impulsif, l'autre déterminé, intelligent, cultivé et secret. L'un vit de certitudes, l'autre d'interrogations. Si Becket aime le Roi "à sa façon", Henri l'aime tout simplement. Se fiant à cet attrait mêlé de confiance, Henri va élever Thomas au rang de chancelier. Becket sert alors l'honneur du roi.

 

    Sur le plan politique, Henri se trouve régulièrement en butte avec les chefs de l'église d'Angleterre qui lui conteste l'exercice de son pouvoir sur les biens et domaines du clergé. De là, un conflit perpétuel entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Le roi n'arrive pas à imposer ses volontés à ce clergé attaché à ses prérogatives. Le pouvoir du roi, prétendent les prélats, ne saurait s'exercer sans leur accord en diverses matières : levée d'impôts, réquisition des clercs, recrutement pour l'armée. De même, pour l'exercice de la justice, il y a la justice du Roi pour les territoires dépendant du royaume et celle de l'Église s'appliquant sur ses terres et valant pour tous les clercs qui dès lors échappent aux tribunaux du Roi.

 

     Aussi Henri entrevoit-il une issue possible à ces conflits lors de la mort de l'archevêque primat d'Angleterre : Fort de la confiance qu'il éprouve à l'égard de son chancelier et de la fidélité que celui-ci lui témoigne, pourquoi ne ferait-il pas de Thomas, déjà clerc, le chef de l'Église d'Angleterre ? Ainsi, enfin, Dieu et le Roi agiraient de concert.Malgré la vive opposition de Becket à ce projet, le Roi l'impose. Becket quitte alors le service du Roi pour celui de l'Église.

 

     Alors se produit en Becket un changement radical. En charge maintenant de l'Eglise, il en épouse la cause et les intérêts. Défendre "l'Honneur de Dieu" devient sa raison d'agir. La mort dans l'âme et le cœur déchiré, Henri voit son rêve d'unité s'évanouir et Thomas s'éloigner. Ainsi le roi, se sentant trahi, perçoit-il l'attitude de Thomas comme étant celle d'un contestataire, puis d'un rebelle, d'un opposant, enfin d'un ennemi. Son amour bafoué et la douleur qui le ronge le font descendre dans une déchéance dont ses proches ne perçoivent qu'un remède : la disparition de Becket.Une escouade de barons au service du roi se rend à Canterbury pour y poignarder Becket au cours d'une cérémonie religieuse.

 

     Apaisé par "l'expulsion du cancer qui le rongeait", Henri reprend sa place de roi, faisant publiquement amende honorable de l'assassinat de Becket. Débarrassé d'une réalité qu'il ne supportait plus, il conserve ainsi en lui, à travers son souvenir, les traces intactes d'une lumière, celle de l'aube de leur relation.

                                                                                                                                                                                                                            P. Suel

 

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